Communiqué du Comité d’Organisation de l’European Open 2026

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C’est un texte que nous n’avons jamais imaginé écrire.

Depuis l’annonce de l’annulation de l’European Open, de nombreuses interrogations, incompréhensions et parfois critiques sont exprimées. Elles sont compréhensibles. En revanche, la très grande majorité des personnes ignorent ce qui s’est réellement passé du déclenchement des incendies autour de Fontainebleau à la décision extrêmement difficile d’annuler l’événement.

Nous souhaitons aujourd’hui partager cette chronologie afin que chacun puisse mesurer la réalité de la situation.

Une crise qui évolue d’heure en heure. Le dimanche 12 juillet, un premier incendie démarre dans la forêt de Fontainebleau. Les chevaux présents dans le secteur sont évacués vers le Grand Parquet, site qui doit accueillir l’European Open d’agility. Le lendemain, un second incendie éclate à seulement quelques centaines de mètres du Grand Parquet. Les chevaux doivent à nouveau être évacués. Les services de secours installent leur poste de commandement et la base arrière des 1000 sapeurs-pompiers à pied d’œuvre directement sur le site. La route d’accès est coupée, réservée aux services de lutte contre le feu.

À ce stade, personne ne sait dire si l’événement est maintenu ou non. Les jours suivants, le feu est progressivement maîtrisé mais n’est toujours pas éteint. Les informations évoluent constamment. Le mercredi, le restaurateur reçoit l’autorisation d’installer ses infrastructures. Le jeudi, cette autorisation lui est retirée. Le jeudi en fin d’après-midi, le comité reçoit un avis verbal laissant fortement penser que la compétition ne pourra probablement pas avoir lieu au Grand Parquet. Mais aucun arrêté officiel n’est encore signé. Or, sans décision administrative écrite, annuler unilatéralement l’événement aura des conséquences financières extrêmement lourdes pour l’organisation. Engagement de plus de 25000 € d’avance auprès du Grand Parquet uniquement pour la location du site sans compter les achats non remboursables.

Une course contre le temps commence. Malgré l’absence de document officiel, le comité ne reste pas inactif. Il commence immédiatement les recherches d’un site de remplacement. Le défi est immense. Il ne s’agit pas simplement de trouver un terrain disponible. Il faut trouver, en quelques heures seulement, un site capable, a minima, de :

  • disposer d’une surface de sable pour supporter 4 terrains de 35m par 40m répondant aux normes internationales et une piste d’entraînement ;
  • accueillir plus de 800 concurrents, 300 camping-cars, des dizaines de tentes et des centaines de véhicules des équipes ;
  • placer les 25 exposants ;                                                                         
  • disposer des infrastructures techniques (électricité, internet, salles …) ;

Le tout en restant compatible avec les contraintes sanitaires, administratives, sécuritaires et sportives imposées par les autorités françaises et la FCI.

Parallèlement, la Fédération Cynologique Internationale fixe un ultimatum : une décision doit être prise très rapidement afin de permettre aux concurrents étrangers d’annuler ou de modifier leur déplacement. Chaque heure compte.

Toutes les pistes sont explorées, tous les haras de la région parisienne sont virtuellement visités. Le vendredi, alors même que le comité poursuit ses recherches, une communication du Grand Parquet annonce publiquement l’annulation de l’European Open. Le comité multiplie alors les appels, les réunions et les visites de sites. Le Haras de Jardy apparaît, en fin de journée, comme une solution crédible. Une visioconférence est organisée dans la soirée avec le comité directeur du haras. Les échanges sont constructifs et les responsables du haras donnent leur accord. Le lendemain matin, deux membres du comité de pilotage de l’EO visitent le site, prennent des mesures pour que nous travaillions sur la reconfiguration de l’événement. Tout semble enfin réuni et jouable. Une visioconférence est même organisée depuis les installations pour finaliser les points sensibles. Contre toute attente, en milieu d’après-midi, le Haras de Jardy retire son accord. Aucune explication sur ce revirement n’est donnée malgré de nombreuses tentatives de contact.

Le comité repart alors immédiatement à la recherche d’une nouvelle solution, s’éloignant un peu plus de Fontainebleau. Le site de La Boulerie Jump du Mans est étudié, une visioconférence est réalisée avec le responsable qui est partant. Le site répond aux critères techniques. Mais au final la FFE s’y oppose car une compétition équestre est programmée la semaine suivante. Parallèlement, d’autres propositions sont analysées, notamment Bourgbarré.

En s’éloignant de Fontainebleau et de la Seine-et-Marne, de nouvelles difficultés  majeures apparaissent :

  • contraintes liées aux autorisations administratives et à la DDPP;
  • éloignement trop important des aéroports pour les juges internationaux et les concurrents ;
  • dispersion des terrains de compétition ;
  • infrastructure technique ;
  • délais désormais extrêmement réduits imposés par la FCI.

Aucune de ces contraintes, prise isolément, ne suffit probablement à écarter une candidature avérée. Mais leur accumulation, ajoutée au manque de temps, rend l’organisation d’un championnat d’Europe dans des conditions satisfaisantes impossible car bien trop aléatoire sur bien des points. Nous avons souvenir d’un contact qui répondait à chaque contrainte par un ‘oui on peut …’. Mais comment quand nous sommes dimanche et que les personnes arrivent dès mardi ?

Jusqu’au dernier moment, le comité a continué à chercher une solution. Les nuits et les journées ont été consacrées aux appels téléphoniques, aux réunions, aux visites de sites et aux échanges avec les autorités.

C’est une décision prise avec responsabilité. L’annulation n’a jamais été un choix de facilité. Elle est devenue la seule décision permettant de préserver la sécurité des concurrents et des chiens, de respecter les exigences internationales et les contraintes administratives et la crédibilité de l’événement.

C’est une perte pour tous. Cette décision contrainte touche profondément toute la communauté. Les concurrents voient disparaître des mois, parfois des années de préparation. Les bénévoles perdent l’aboutissement de centaines d’heures d’investissement, de travail. Les exposants, les partenaires, les sponsors et les prestataires subissent eux aussi des pertes importantes. Le comité estime le préjudice financier direct pour la CNEAC à près de 60 000 €. C’est sans compter les conséquences supportées par les différents partenaires de l’événement. Les frais payés directement à la SCC (frais d’engagement, de réservation des camping-cars, des boxes pour les chiens et de la welcome party) seront remboursés.

Nous comprenons la déception, la frustration et parfois la colère car nous les partageons, les vivons aussi. Nous espérons que cette chronologie permettra de mieux comprendre qu’aucune décision n’a été prise à la légère. Le comité d’organisation s’est battu jusqu’au dernier moment pour sauver l’European Open d’agility.

Malheureusement, les circonstances exceptionnelles liées aux incendies, aux contraintes administratives, aux délais imposés par les autorités sportives internationales et l’échec de la recherche d’un site répondant aux exigences d’un championnat d’Europe ont finalement rendu la tenue de cet événement impossible. Notre pensée va à tous les compétiteurs, bénévoles, partenaires et professionnels impactés par cette annulation, ainsi qu’aux femmes et aux hommes mobilisés contre les incendies, et plus largement aux territoires durement touchés par cette catastrophe.